Web : Cloud, Google relance la bataille contre Microsoft
Publié le 28 Septembre 2024
Google relance la bataille contre Microsoft. En effet, Google Cloud a déposé une plainte contre Microsoft auprès de la Commission européenne. Il accuse son concurrent de profiter de la position dominante de son logiciel Windows Server, un système d'exploitation utilisé par les entreprises pour l'interface de leurs serveurs, afin d'alimenter sa croissance dans le cloud. C'est la première fois de son histoire que le géant américain fait appel au régulateur européen.
/image%2F1495419%2F20240925%2Fob_9c0a0a_gcp.png)
Ce dépôt de plainte intervient alors que Google Cloud, numéro trois du marché mondial du cloud - avec 11% de part de marché, selon Synergy Research Group - voit le numéro deux Microsoft Azure s'envoler - avec 25% de parts de marché - à la faveur de la plus grosse croissance du secteur. Ce dernier parvient même à grignoter son retard sur le leader Amazon Web Services et ses 31% de parts de marché.
D'après Google, qui publie ce mercredi une version courte de son argumentaire, cette transformation du marché serait entièrement liée à la concurrence déloyale qu'il dénonce, Microsoft forçant par divers moyens les clients de Windows Server à passer dans l'environnement Azure lors de leur passage dans le cloud.
Google désigne Microsoft Server comme « un monopole logiciel », avançant dans une conférence de presse qu'il contrôlerait 70% du marché. Mais ce chiffre reste à discuter, différentes études l'estimant plutôt autour des 40%, le reste allant à différentes versions du logiciel libre Linux. Quoiqu'il en soit, Microsoft Server est un poids lourd dans une verticale ou ses concurrents du cloud sont absents. Pour appuyer sa cause, Google mentionne que le régulateur britannique (la CMA) a déjà décrété que Microsoft a un « degré significatif de pouvoir sur le marché grâce à Windows Server ».
Afin d'insister sur l'enjeu, l'entreprise cite également une étude de McKinsey, selon laquelle 68% des entreprises européennes auraient moins de la moitié de leur charge de calcul dans le cloud. Cela signifie que la moitié de la charge de travail se fait encore on-premise, c'est-à-dire sur des serveurs en local, que les entreprises pourraient faire basculer dans le cloud dans un futur proche. C'est sur cette bascule que Microsoft userait de son avantage concurrentiel.
Concrètement, si un client utilise déjà Windows Server sur ses machines on-premise, il est incité financièrement et par facilité opérationnelle à transférer sa charge sur un cloud Microsoft Azure plutôt que sur celui d'un des principaux concurrents.
À la clé se trouve un joli pactole puisque le marché européen du cloud a grossi de 20% entre 2023 et 2024 d'après Google (ou 17,3% selon Statista). Soit plus de quinze milliards de dollars en valeur absolue. Et cette tendance devrait perdurer. Comme le cloud tire la croissance et la marge opérationnelle des géants de la tech, cette situation devient un enjeu à l'échelle globale du groupe. « Agissez maintenant, avant qu'il ne soit trop tard », met en garde le numéro trois du marché.