Business : Droits de douane, la folie est-elle uniquement américaine ?
Publié le 4 Août 2025
Les pays de l’Union européenne écopent donc d’un tarif de +15 %, selon les termes du « deal » passé entre Trump et Ursula von der Leyen. Un accord vertement critiqué par nombre d’industriels et de politiques européen. Une folie européenne qui impose donc à un ensemble de pays des règles en oubliant la souveraineté, fondement de la démocratie. La France s'écrase donc face à des technocrates européens sous peine de subir à son tour des représailles sur le plan européen. C'est une folie européenne avant d'être celle d'un Président américain qui a décidé qu'il était le maître du "game". Que dire de nos technocrates incompétents face à l'invasion des produits chinois venant de site E-commerce comme Alibaba et TEMU ? Ils acceptent une fois encore de ne pas jouer le bras de fer pour ne pas entrer dans une guerre économique. La faiblesse est donc le principal atout de l'Europe.
Sur le plan mondial, les pays les plus faibles et souvent très dépendants économiquement des grandes puissances vont subir les droits de douanes tout aussi élevés. Algérie, Tunisie, Camerou, Libye ... vont tous prendre en moyenne des droits de douane à +30%. Si Abidjan a réussi à éviter la taxation de son cacao à 30 %, le taux de 15 % aura des conséquences sur son économie. Car 4 % des échanges de la Côte d'Ivoire se font avec les États-Unis. En 2023, le pays y a exporté environ 10 % de ses fèves de cacao, qui vont donc être désormais taxées à hauteur de 15 %. L'équilibre du monde est menacé. La folie l'emporte sur la raison mais les gouvernants et les politiques des grands états n'agissent pas pour instaurer une ligne rouge à ne pas dépasser. Comme au spectacle, ils regardent, réagissent par des "petites phrases", applaudissent parfois et ne quittent pas la salle au risque de se faire remarquer.
Certains comme la Grande-Bretagne et la Corée du Sud font mieux que les autres mais à quel prix ?
En effet, Washington a conclu en mai dernier un premier accord commercial post-«Liberation Day», avec le Royaume-Uni. Un texte qualifié d’«historique» par le Président américain. Il prévoit une réduction de 27,5% à 10% des droits de douane sur les automobiles britanniques - dans la limite de 100.000 véhicules par an, autant dire un chiffre ridicule pour les experts -, ainsi qu’une exemption de surtaxes pour le secteur aérospatial, comme sur les moteurs d’avion du fleuron britannique Rolls-Royce. En contrepartie, le Royaume-Uni doit se mettre à genoux et accepter d’ouvrir davantage son marché à l’éthanol ou au bœuf américains, suscitant au passage des inquiétudes dans l’industrie chimique et chez les agriculteurs britanniques. Comble de l'ironie les rosbeef vont devoir avaler du steack des cowboys ! Le reste des importations de produits manufacturiers britanniques restent soumises aux droits de douane plancher de 10%.
La Corée du Sud a conclu un accord spécifique avec les États-Unis où en échange de droits de douane maintenus à 15% seulement contre 25% annoncés initialement, Séoul investira quelque 350 milliards de dollars chez son partenaire commercial. Les Etats-Unis instaurent donc une nouvelle forme de chantage économique.
Mais rappelons qu'avec ses droits de douane, Trump “sape les liens entre l’Inde et les États-Unis”. Il tente de jouer le bras de fer avec l'une des futures plus grandes puissances mondiale. Un risque majeur avéré pour les Etats-Unis et pour l'équilibre du monde qui ne sera pas sans conséquence.
Finalement la règle du chantage économique semble avoir fonctionné à ce jour mais faut-il pour autant accepter cette mondialisation perfide, tant les nuisibles ne sont que des court termistes de l'économie aux ambitions personnelles déloyales ? Nos entreprises françaises méritent mieux que ce type de décision et il devient nécessaire de prioriser désormais la consommation des produits et des services de notre vieux pays !
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